lundi, avril 09, 2007

Oui, Jean-Marie Le Pen est un libéral

Il a fallu que l’on en arrive à cette campagne présidentielle de 2007 pour enfin comprendre que l’ostracisme haineux contre Jean-Marie Le Pen, de la part d’abord de toute la gauche, provenait du fait qu’il était fondamentalement libéral. Ce n’est pas facile d’ouvrir les yeux quand tout ce que l’on entend va à l’encontre même d’une intuition persistante.

Et c’est bien cela, Jean-Marie Le Pen est un libéral. Fait-il, sans le savoir, du libéralisme comme Monsieur Jourdain faisait de la prose ou bien n’est-il pas bon pour lui de se recommander des idées libérales dans notre pays ? Mais ce qui importe aujourd’hui, c’est que son sentiment profond soit le recours à des valeurs libérales pour commencer à sortir notre pays de l’ornière qui est en train de la paralyser.

Personne, même parmi ses détracteurs, ne conteste que Jean-Marie Le Pen sur ces dernières décades, ne se soit pas souvent trompé dans ses analyses de la situation de notre pays. Et aujourd’hui quelles solutions propose t-il en priorité pour nous dans son programme ? D’abord de réduire drastiquement le rôle de l’Etat pour alléger la contribution fiscale des individus et des entreprises, ensuite de laisser aux individus une plus grande part des revenus de leur travail et de réserver la solidarité de notre collectivité nationale en priorité aux français. Je ne crois pas, dans l’état qui est celui de la France du moment, qu’un Frédéric Bastiat l’ai en cela désavoué.

Et si la France a été le berceau du libéralisme, il y a plus de deux siècles, c’est que ce bon sens c’est bien celui des « lumières » et celui du vrai progrès social. Revenir à ces valeurs et tourner le dos à cette gangrène de notre société qu’est la sociale-démocratie, c’est ce qu’attendent les français et consciemment ou non, les français commencent, de plus en plus nombreux, à se rallier à ce bon sens. Si moins d’Etat et le retour à la primauté de l’individu en recommençant à lui allouer une plus grande partie de son travail est compréhensible par les libéraux comme étant des valeurs d’essences libérales, la fermeture des frontières, le nationalisme, la préférence nationale sont des traits qui leur semblent antinomiques de leurs valeurs. C’est qu’ils ont mal compris ce qui se passe actuellement sur notre planète.

Si Bastiat à toujours défendu la libre circulation des marchandises et des personnes il y a plus d’un siècle et demi, c’est dans un tout autre contexte. Ce qui doit proscrire aujourd’hui, sauf à ne rien comprendre à l’économie, la libre circulation des marchandises en particulier, ce sont les couvertures sociales que notre Etat accorde trop généreusement à toute sa collectivité. Sans aides étatiques aux individus, vous pouvez, sans autres, laisser entrer sur un territoire des marchandises à un coût moindre pour que la population en profite et qu’une « saine » concurrence s’impose. Dans le cas où les marchandises d’un territoire sont considérablement surenchéries par des coûts sociaux qu’on leur fait supporter, c’est une hérésie économique.

Je n’en veux pour preuve, que ceux qui défendent un tel projet nous disent dans le même temps que de ce fait, les coûts du travail des pays actuels à bas salaires vont avoir tendance à augmenter dans notre mondialisation pour rejoindre les nôtres. Jamais ils ne nous parlent ( ce n‘est pas électoralement valorisant) que si nous ne baissons pas drastiquement nos coûts salariaux en attendant, c’est notre société qui a une position intenable. C’est ce à quoi l’on assiste. Et cet état de fait d’accepter sur notre territoire des produits manufacturés sans droits de douanes en provenance de pays tiers n’a de contrepartie que dans la capacité de nos grosses sociétés à leur vendre Airbus, TGV et autres centrales nucléaires, mais quel gâchis pour le reste de notre tissu économique.
Le Pen voudrait d’autre part réserver en priorité aux français les fruits de notre épargne collective et les prestations fournies par la France. Est-il en cela raciste ? Est-il en cela xénophobe ? C’est vraiment de la courte vue, ou plutôt de la désinformation de la part de ses ennemis. Je n’y vois là que la simple défense de la propriété privée. Car enfin si l’individu est la base de l’entité en matière de travail, la famille le réceptacle privilégié où doit s’exercer la solidarité et le gage de la « survie » et de la pérennité d’une lignée, la collectivité française est la propriété privée de tous ceux qui ont mis en commun, générations après générations, des biens à leur seul usage. Que les gauchistes combattent ceci je veux bien l’admettre, mais que les libéraux ne puissent pas y voir plus clair en l’espèce, montre bien qu’ils sont encore sous l’emprise d’une manipulation de leur libre appréciation.

Oui et tous ceux, de plus en plus nombreux, qui vont voter pour Jean-Marie Le Pen le feront car les valeurs qu’il entend défendre, sont des valeurs qui privilégient avant tout l’individu contre un collectivisme outrancier. Seront-ils conscients qu’en cela ils voteront pour les idées libérales qui ont été depuis des siècles des valeurs profondément ancrées dans notre inconscient collectif ? Il ne restera plus, après cette élection, qu’à une nouvelle classe de politiciens à entreprendre la libéralisation de notre économie, pour recommencer à produire des richesses. Je fais confiance en cela aux français et à leur génie.

8 commentaires:

Anonyme a dit…

Je vous rejoins en grande partie, surtout sur votre analyse du volet social de la mondialisation. Vous vous mettez "le doigt" du politiquement correct dans l'oeil si vous pensez que je n'ai pas intégré les "nationalistes" dans ma quête du mieux disant libéral. Si on accepte la libre circulation des produits et des services, acceptons aussi celle des personnes, à condition effectivement, qu'immigrants et résidents établis ne trouvent sur les territoires nationaux considérés aucun dispositif social étatique. Je vois donc dans la politique immigrationnelle conservatrice (au sens littéral du terme) des nationalistes un frein à la suppression drastique et rapide du rôle social des Etats-Providence. Accélérons l'implosion des Etats, enfermés dans leur tout-compassionnel ambiant. La mondialisation avec la libre circulation planétaire des personnes sont un moyen d'obliger les Etats à rentrer dans leurs strictes fonctions régaliennes. C'est pour cela que je ne crois pas que la "mise sous cloche" de la France prônée par Le Pen ou De Villiers entraînera une baisse des dispositifs sociaux (Le Pen veut notamment créer un revenu parental que ne manqueront pas de financer les célibataires, si je ne m'abuse). Si l'on veut tendre vers un certain anarcho-capitalisme et donc vers la portion congrue des politiques étatistes nationales, je pense qu'il faut "accueillir la misère du monde" et laisser les Etats imploser financièrement à cause de leurs dispositifs sociaux. Méthode radicale, mais à regarder les déséqulibres sociaux et financiers français, nous sommes en bonne voie. J'espère ne pas avoir été trop politiquement correct pour vous ;-)
Cordialement,

Libéralisateur a dit…

Je suis en grande partie, à mon tour, d'accord avec vous bien que moins radical et si je suis tout autant révolutionnaire, je le suis pour une révolution plus douce donc possible.

Commençons par supprimer toutes les aides étatiques à ceux qui n'y ont aucun droit avant que de les supprimer à tous les autres. Et à ce moment là le "marché" rendra cette mesure juste.

La libre circulation des personnes dans ces conditions ne me dérange pas pour autant qu'ils aient le droit de gagner leur vie sur le sol français. Mais sans cela, sans aides ni raccompagnement à la frontière, ils ne pourraient vivre que de rapines et de trafics illicites. Il ne faudrait pas dans ces conditions nous étonner de l'insécurité de certaines zones en France.

C'est aussi pour cela que je défends depuis des années un moratoire pour la répression du travail au noir . Merci pour votre commentaire.

Harald a dit…

Ce n'est pas parce que le programme de JMLP comporte certaines mesures plus ou moins libérales que cela fait de lui ipso facto un libéral, loin s'en faut. C'est foncièrement un nationaliste et ce ne sont pas ses dernières simagrées inspirées par un staff de comm' bien senti qui me feront avaler la pilule.

Libéralisateur a dit…

Il ne s'agit pas que de certaines mesures mais des points phares de son programme. Et comme pour les autres, on ne peut pas accorder crédit aux mesures énoncées par les autres et pas à celles de Le Pen. Donc à l'aune des mesures annoncées, celles de Le Pen sont incontestablement libérales.
Quant au nationalisme que tu sembles lui reprocher il faut savoir si ce n'est vraiment que négatif. Il n'empêche qu'en 2005; c'est 55% des électeurs qui se sont montrés nationalistes et c'est ce que souhaite le peuple français. Dans un sens c'est comme la défense de la famille, ceux qui le font défendent la maison France.
Cela n'empêche pas de s'ouvrir aux autres, mais il importe pour ce faire que les lois de la République s'y oppose pas en particulier en empêchant pas de travailler certains de ceux qui pourtant sont là et de gagner leur vie par leur travail.
Merci pour ton appréciation et j'espère que tout va bien pour toi.

Anonyme a dit…

Je rejoins Harald : si, dans un programme, vous avez une mesure totalement libérale (mettons : libéralisation totale de l'assurance maladie) et de l'autre, une mesure de protectionnisme total (fermeture des frontières p.ex), vous n'avez pas un programme libéral. Vous avez un programme conservateur traditionnel.

Vulgairement, une goutte de merde dans un bol de soupe donne un bol de merde... Désolé.

Libéralisateur a dit…

C'est bien là à mon avis que se situe ce qui empêche le libéralisme de progresser pour le moment en France, le manque de pragmatisme. Veuillez m'excuser de vous le dire. Mais c'est le propre de la jeunesse que d'être entier.
Tout d'abord la fermeture des frontières voulue par Le Pen n'est pas et vous le savez bien une fermeture comme celle pouvant avoir eu lieu comme en Albanie ou en Corée du Nord. Il s'agit dans notre cas d'une manœuvre provisoire obligatoire économiquement pour tenir compte de l'Etat actuel de la France que nous laissent ses dirigeants actuels. Une "barrière à l'entrée" artificielle comme pourrait être de l'intensité capitalistique ailleurs.

Pragmatisme nécessaire c'est de prendre les choses dans le bon ordre et de commencer par le bas. Vouloir que demain, par exemple en matière sportive, un individu passe du stade de tocard à champion, vous acceptez de lui laisser le temps de s'entrainer durant de longues années, avant de le devenir. Ici vous voulez tout ou rien. C'est ce que j'appelle le pragmatisme.

En matière de libéralisme, il n'y a qu'une seule chose qui vaille et qui est la génèse de tout. C'est que l'individu prime sur la collectivité. Quand un homme politique énonce cette vérité et commence à décliner un tel programme, il faut le laisser aussi commencer une mise en place progressive et ne pas vouloir tout tout de suite.

Ce que vous voudriez pour la France, c'est que tout arrive tout de suite ou rien. Ne croyez-vous pas cela bien trop théorique ou me risquerais-je à croire que votre amour du libéralisme n'est que conception intellectuelle mais que quelque part vous ne souhaitez pas réellement sa mise en œuvre dans notre pays et que cet état où nous sommes vous satisfait bien quelque part, même si c'est inconscient.

Parce que votre libéralisme, vous savez aussi que si on le met en œuvre en bloc comme vous semblez dire qu'il faut le faire, alors là des millions de personnes descendront dans la rue et n'auront rien à perdre de bloquer le pays. Et l'expérience ne pourra qu'échouer. Est-ce cela que vous souhaitez démontrer.

Pour moi être libéral, ou du moins être libéral pour mettre la France sur la route du libéralisme et tourner le dos à la servitude, c'est aussi d'être réaliste et de faire chaque jour ce qui est possible et avec audace. Pas de vouloir l'impossible pour échouer et avoir des excuses "livresques" pour ne pas y être arriver et demain ne plus rien faire. Mais l'aventure demande courage et efforts. Beaucoup d'efforts et de certitude pour tenir le cap.

Anonyme a dit…

Je goûte l'argument de la jeunesse. Ca me fait du bien (je ne l'entends plus trop souvent, maintenant)... Bref.

Ici, c'est le problème de la paille et la poutre. Vous voyez la paille (un Le Pen qui avance pour certains aspects l'argument de l'individu qui prime). Je vois la poutre de tous ses autres arguments pour lesquels l'étatisme avance à vive allure.

Vous me dites entier, vous vous dites pragmatique. Si vous voulez. Maintenant, je me borne à constater ceci :
a/ Le Pen ne sera jamais président.
b/ Heureusement, car des pans entiers de ses idées sont néfastes pour la France, le libéralisme et l'individu.
c/ Il ne sera pas président car Le Pen est une chimère construit par les média et Mitterrand pour faire avancer ses petites magouilles politiciennes. Il ne saurait que faire du pouvoir, n'aurait pas de majorité à l'assemblée et n'aurait aucun soutient du pays. La belle affaire !

Quant au libéralisme qu'il faudrait mettre en bloc, que nenni : même une mesure simple comme annuler purement et simplement une unique taxe (la TIPP par exemple) aurait des effets palpables et bénéfiques directement par tous (et ne provoquerait aucun mouvement de masse, soyez en sûr). De fil en aiguille, de suppression de taxe en suppression d'impôts, on aboutirait rapidement à plus de libéralisme effectif, sans jamais se compromettre à fermer les frontières, bouter le maure hors de France et autres bêtises traditionnelles du neuneuil.

Libéralisateur a dit…

Je vous ai trouvé jeune, si, si !

Je dois faire un choix parmi 12. Pour les trois "possibles d'après vous", pour moi c'est la certitude que les 5 ans qui viennent ce sera, en pire, ces 5 dernières années. Et ne parlons-pas des autres (et je mettrais Nihous de coté..)

Pour moi à votre contraire, Le Pen peut être Président et comme il ne sera pas plus mauvais que Chirac, pourquoi pas, mais ce sera aussi avec certitude, la fin des oligarchies UMPSUDF. Et la capacité pour beaucoup de députés sortants, capables de réformer, de s'affranchir de leurs investitures. Cela peut faire changer la France.

A coté de votre suppression de la TIPP ce qui a permis (les carburants pas chers) aux USA de doper l'activité économique, je voudrais vous en dire une autre: sans rien changer au code du travail (que je voudrais supprimer en bloc si cela ne tenait qu'à moi), laissons la pleine capacité au chef d'entreprise de licencier dans les mêmes conditions que le salarié peut démissionner sans contester ce droit en aucune manière. En payant s'il y a lieu les indemnités prévues à un éventuel contrat. C'est la certitude à très court terme de refaire partir l'emploi. Et la seule chose à faire .