vendredi, mars 03, 2006

Lettre ouverte aux porte-parole d’Alternative Libérale.

J’ai appelé de mes vœux depuis des années la constitution d’un parti politique qui puisse « porter » les idées libérales dont la France a besoin à double titre, d’abord pour permettre aux individus de s’épanouir et ensuite pour permettre à notre économie de créer des richesses suffisantes à la marche de la société.

Et ce n’est pas maintenant que le parti existe que je vais « cracher dans la soupe ». Mais quel parti et pourquoi faire ? Ne sommes-nous pas en train de nous tromper de stratégie de positionnement et ne faisons-nous pas fausse route actuellement pour faire adhérer les français, à ce que j’en vois.

En énonçant ce qui va suivre, je ne cherche pas à affaiblir le parti mais à traduire le ressenti que j’entends autour de moi de la part de ceux qui voudraient rejoindre notre mouvement et qui sont dans l’attente du changement, comme j’en suis moi-même impatient.

Il est d’abord certain que si une alternative à la politique actuelle doit être portée, elle doit d’abord l’être par la jeunesse qui devra demain vivre dans une société propre à son épanouissement et ce semble être déjà le cas des trentenaires que vous êtes et même encore plus jeunes qui mettent toute leur énergie dans cette « lutte ».

Mais dans les valeurs à défendre, les adhérents à vos idées viennent chez vous les chercher. Alors ne leur parlez pas d’auberge espagnole où ils ne trouveraient que ce qu’ils apporteraient. Vous n’êtes pas là pour les écouter dans leurs aspirations, ce sont eux qui viennent vous rencontrer pour connaître vos solutions et les soutenir le cas échéant. Ils ne savent que trop, que les mots et les projets ne sont que des leurres qui ne conduisent à rien. Pour entendre cette « soupe », ils savent aller dans les partis de gouvernement ! Ils sont venus à votre rencontre pour connaître votre plan d’action et savoir quelles seront les mesures très simples et radicales que vous entendrez mettre en place pour une véritable réforme.

Qu’ils adhérent ou non à votre programme d’action est une autre affaire. Mais le seul « strapontin » dont vous pouvez vous servir aujourd’hui, c’est de faire de la politique autrement et vous ne me semblez pas prendre le chemin de le faire. A vouloir déjà sur chacun de quinze chantiers, donner une dizaine de pistes vous fait déjà « prendre les pieds dans le tapis » et encore plus grave vous tombez dans le piège où vos adversaires voulaient vous entraîner et n’attirerez personne, du moins le plus grand nombre, à vous suivre pour longtemps.

Car le libéralisme c’est très simple, c’est moins d’état, moins de lois et plus de libertés individuelles et aussi plus de responsabilités individuelles et d’efforts. Alors quid de la protection à laquelle il vous semble que tant de français sont attachés ? Elle sera celle qu’ils pourront financer par les richesses qu’ils auront crées et non celle qu’ils extorquent à tous les autres. Des rêveurs, des idéalistes ou des profiteurs ne vous suivront pas, mais j’espère que cela vous le saviez et ce n’était pas sur eux que vous comptiez pour vous soutenir.

Alors dites simplement à toute la France quelles sont vos convictions, mais dans le même temps dites à ceux dont vous recherchez le vote et l’adhésion les 5 mesures clés qui débloqueront le système que nous connaissons et que vous voulez voir mettre en place tout de suite et expliquez les si de besoin. C’est cette prise de position responsable qu’ils attendent de vous. Si vous êtes en accord avec la « sagesse populaire » qui est mieux partagée que certains veulent le faire croire, mais qui ne peut pas s’exprimer actuellement, vous représenterez, que cela chagrine ou non les tenants du « politiquement correct » de tous bords, plus de 10% de la population à tout le moins.

Mais si vous ne faites que du « crypto-libéralisme » vous ne pourrez pas exister. Les leçons du passé le montrent. Vous n’avez pas d’autres voies. D’ailleurs la relation récente de ce qu’ont pu retenir de vos « idées forces » ceux qui veulent parler de vous, montre que l’on perçoit mal quelles sont vos intentions et cela conduit légitimement à vous en prêtez d’autres. Si demain par exemple dans ces quelques mesures, vous annonciez que, comme dans beaucoup d’autres pays civilisés les agents des services publics ne sont plus autorisés à faire grève sauf d’être révoqués, ce qui serait juste car on ne peut être juge et partie, il est certain que les médias ne vont pas se tromper pour relater vos propos. Beaucoup seront contre vous, « empêcheurs de tourner en rond », mais beaucoup vous suivront pour revenir sur cette injustice de plus en plus flagrante aux yeux de tous.

Rappelez-vous qu’en 1914, quand il s’est agit de faire son devoir de patriote et de soldat dans les tranchées de Verdun, les hommes avaient une confiance aveugle dans leur lieutenant pour ce qu’il était et ce qu’il disait et quand il fallait passer à l’action et le suivre, son programme tenait en deux mots : « en avant » !

4 commentaires:

Caccomo a dit…

Superbe !
Vous seriez un excellent candidat,en tout cas un allié précieux.

jlc

Libéralisateur a dit…

Merci Jean-Louis,

Mais notre pays a besoin encore plus d'homme comme vous pour lui dire, avec votre sens de la pédagogie, tout ce que le libéralisme peut lui apporter. Tant en terme de bien être physique que moral dans le travail accompli.

Il serait dommage, maintenant que ce "coup" a été tiré, que le concert de tous ceux qui veulent voir le libéralisme retrouver une place qu'il n'aurait jamais du quitter en France, n'assiste pas idéologiquement dans la sphère civile et politique, cette action de toutes leurs forces.

Car c'est bien la partition d'un grand orchestre symphonique avec tous les instruments en harmonie qu'il importe de faire jouer pour combattre, dans les esprits, le fallacieux "politiquement correct" que certains nous distilllent depuis trop longtemps.

Caccomo a dit…

Et en plus, vous êtes musicien...

Libéralisateur a dit…

Il en est de l'action quelle qu'elle soit comme de la musique, que chacun joue au bon moment sa juste partition. Comme le "tire-à-la-corde".

Et pour l'avènement du libéralisme il me semble qu'il va en être de même.

Tous ceux qui ne viendront pas, maintenant, dans ce combat qui est le leur, regretteront demain un "acte manqué". C'est le sens de mon appel.

Les plats passent rarement deux fois.