jeudi, août 07, 2014

Le 20 janvier 2015


L’ancien Président de la République a disparu en décembre 2014 et son successeur vient d’être nommé. Il prend ses fonctions aujourd’hui. Les français las de leurs politiciens auxquels ils n’accordent plus ni confiance, ni crédit ont porté à la Présidence de la République un individu n’ayant jamais exercé le pouvoir, mais qui a promis de leur redonner espoir d’une vie meilleure en France. Pas dans 5 ans, non, mais dès les prochains mois. Cela passe par les libérer drastiquement du fardeau que font peser et de plus en plus, depuis des décennies maintenant, les « services » de l’Etat. La France entière s’est déjà, depuis de longs mois, rendu compte que tous ces impôts et taxes qui étouffent la France ne sont pas là pour eux, mais pour une caste de privilégiés qui, même dans ces années de crises, n’a cessé de voir ses effectifs augmenter.

La France n’a plus d’argent. Elle n’est plus capable de continuer à emprunter sur les marchés mondiaux sauf à voir ses taux d’intérêts exploser ce qui précipiterait son défaut de paiement. Dans la rue et depuis de longs mois, les gens ont la tête basse et plus rien ne les incite à rire et prendre du bon temps, même les fonctionnaires qui savent que, pour leurs privilèges, les jours sont comptés et qui évitent de se mélanger avec les autres familles. A un niveau de plus de 25% des salariés français, ils ont de quoi vivre entre eux sans faire trop de vagues. Toutes ces dernières années ont vu la disparition et de plus en plus de forces vives de la nation, les gens aisés de la classe moyenne ont rejoint les plus riches dans des environnements étrangers où le goût et la récompense du travail retrouvé compensent cet exil forcé. Mais ce sont surtout les jeunes diplômés ou non d’ailleurs, mais qui ne comptent que sur leur courage, qui ont voulu renouer avec les vraies valeurs de la vie, en travaillant et en fondant une famille et qui partent pour des pays dont souvent ils ne pratiquent pas la langue.

Depuis 2013, les recettes de l’Etat s’amenuisent en euros courants et simplement du fait de la baisse des assiettes taxables. Compenser ceci par une hausse des taux n’est plus envisageable car cela ne ferait que de précipiter encore plus rapidement cette descente aux enfers. Depuis des décennies le monde entier et surtout maintenant les partenaires européens de la France, savent que ce pays est malade de l’obésité de son Etat. Il faut au nouveau Président envoyer un signe fort à tous les français. Libérer certains de ces impôts confiscatoires et dire à ceux de la fonction publique que le moment est arrivé de travailler plus et que sans contrepartie utile à la France ils ne pourront conserver leurs emplois.

Donc en ce 20 janvier 2015, jour de sa prise de fonction, notre nouveau Président va prendre un décret solennel qui tient en deux points principaux, le premier est de mettre fin au statut de l’entier de la fonction publique. Chaque salarié français devient, à partir d’aujourd’hui, dans le droit commun. De plus, le droit de grève est supprimé pour tous ceux qui sont tenant d’un service public. Violer cette interdiction conduit à la radiation immédiate et à vie du fonctionnaire. Ces deux mesures qui ne coûtent strictement rien vont permettre à la France de se réformer sans voir le pays bloqué. Dans chaque service le l’Etat ou dans chacune des collectivités locales, il importe pour chaque responsable, qui risque lui aussi en cas de manquement à cette obligation, la radiation, de donner sous un mois un état d’organisation de son service avec qui fait quoi pour tous ceux qui dépendent financièrement de lui.

Tous ceux qui sont en surnombre de ces organisations, maintenant optimales, sont mis en disponibilité et sont invités à faire effectuer un bilan de compétences et à dire leurs potentialités pour évoluer vers d’autres fonctions, quitte à recevoir une formation accélérée pour ce faire. Ceux qui en sont soit incapables, soit ne veulent pas évoluer seront licenciés avec une indemnité de 1 mois de salaire par année de présence. Un Ministère spécial est crée en ce même 20 janvier 2015, pour réquisitionner dans les cabinets de Conseils spécialisés en organisation du travail des spécialistes pour déterminer tous les services publics qui peuvent passer dans le secteur privé. Ils ont deux mois pour rendre leurs diagnostics.

Le mercredi 21 janvier suivant quand notre bon Président se réveille, il se remet au travail et commence par mettre en forme sa réflexion de la nuit. La charité est une affaire privée et l’Etat ne peut plus indéfiniment et avec l’appui de la force publique et un déficit qui sera payé par les générations futures, prendre en charge toute les misères du monde. La France n’est plus assez riche pour cela. Il prend un deuxième décret pour qu’à compter du 1er juillet prochain, seuls les ayants droit ayant cotisé puissent recevoir des prestations sociales étatiques ou territoriales. Il invite les sociétés d’assurance à mettre en place des contrats d’assurances privés et des réseaux de soins dédiés pour ceux qui n’auraient, de ce fait plus de couverture. Les impôts, à tous les niveaux doivent ne servir que la population ayant acquit des droits, ce qui exclut de facto tous les clandestins. Par contre au niveau de chaque département il appelle à la création d’une association alimentée exclusivement par des dons privés et qui fonctionne avec des bénévoles pour faire face aux situations les plus graves et les plus urgentes. Coluche doit gigoter de plaisir dans sa tombe.

En ce mercredi 21 janvier il prend un deuxième décret qui interdit à toute collectivité publique ou à l’Etat de voter des budgets qui ne soient pas équilibrés. Aucune subvention ne peut plus être attribuée à quelque organisme que ce soit qui emploierait des salariés.

Le jeudi 22 janvier 2015 et afin de permettre à des millions de personnes qui vivaient exclusivement des aides publiques financées par ceux qui supportent les impôts et les taxes et qui sont de plus en plus étranglés, il décrète un moratoire de 3 ans renouvelable en ce qui concerne la répression du travail au noir. Il importe à ceux qui veulent vivre sur le territoire français de se mettre à trouver du travail et sans être barrés par un code du travail et des lois qui les en empêchent et ce dans tous les aspects. Toutes les entreprises et particuliers qui le souhaitent peuvent employer des individus et simplement par accord réciproque entre les deux parties. Celui qui n’obtient pas la contrepartie convenue n’a que le recours de ne plus continuer. Tout ceci ne coûte rien ni à l’Etat ni aux français, il n’y a plus de concurrence déloyale entre les entreprises qui peuvent équilibrer leurs coûts de revient en ayant recours à ce travail libre. Il n’empêche que lorsqu’une prestation est fournie par une entreprise à un tiers c’est bien cette entreprise qui en assure la garantie et elle peut souscrire une assurance pour cela si elle le désire. Par contre les prestations assurées librement n’ont que la garantie sur laquelle s’est engagée le prestataire et aucun tribunal ne pourra alors être un recours pour les co-contractants. C’est le seul code civil qui peut départager les litiges.

On voit bien que de telles mesures ne coûtent rien à l’Etat et bien au contraire vont permettre de faire baisser drastiquement les impôts, permettant de réduire enfin la dette et les Impôts sur les sociétés pour avantager ceux qui vont entreprendre demain en France et qui de ce fait va tendre à nouveau vers le plein emploi. Ce seront alors des millions d’emplois qui vont être créés dans une France qui se libère peu à peu. Aucune de ces mesures n’a remis en cause toutes les usines à gaz mises en place par près de 40 ans de socialisme, mais c’est la seule concurrence librement consentie qui va permettre toutes les réformes et au fil de l’eau. Demain les individus vont pouvoir avoir le choix de rester dans le système actuel ou bien de choisir des assurances et retraites privées et demander à ne plus être sous la dépendance du code du travail en signant le contrat qui va les lier à leur employeur.

Enfin le vendredi 23 janvier le Président va s’employer à parfaire sa mise en place en redonnant de la confiance à tous les français et ceci définitivement. Un dernier décret va rétablir le secret bancaire en France et surtout vis à vis de l’Etat. Ce qui n’empêchera pas ceux faisant l’objet de poursuites judiciaires qui pourront être poursuivis sur commissions rogatoires. Il est inacceptable que l’Etat puisse prendre comme variable d’ajustement l’épargne des français comme cela est en train de se mettre en place dans les instances européennes, tant en Grèce qu’à Chypre par exemple. Ce qui a été justement et honnêtement gagné doit être légué aux générations futures sans impôts, car c’est un moteur primordial pour l’envie d’entreprendre et d’épargner et la France en a besoin plus que tout. Avec cette simple mesure de bon sens, la France sera passé du statut d’enfer fiscal à celui de paradis fiscal. Et les riches dont la France a un impérieux besoin, n’auront plus de raison de s’exiler.

Même si la France n’a pas de pétrole, on voit bien que son Président a des idées et ces quelques mesures qui enfin de ne demandent aucun financement et bien au contraire, vont réformer la France en profondeur et pas dans 10 ou 20 ans, non, dans les quelques mois et d’ici la fin 2015, c’est « la courbe du chômage » et la croissance qui seront là et c’est du monde entier que les investissements vont accourir. Simplement par ce que le nouveau Président de la France aura remis l’église au milieu du village.

lundi, février 17, 2014

Feu le socialisme égalitariste mondial !


La fin du socialisme est maintenant inscrite dans les gènes.

Le socialisme tient depuis plus d’un siècle dans une certaine égalité des êtres humains entre eux. Cela semble la base de cette idéologie et ce sont aussi les fondements de leurs lois et gestion sociétale. Cet « égalitarisme » théorique était bien pratique pour les conforter dans leur bonne conscience. A partir du moment où les mérites de chaque individu étaient les mêmes pour chacun, « l’égalitarisme de résultat » pouvait être une voie dans laquelle les politiciens pouvaient s’engouffrer et …. y trouver une justification à leurs raisons d’être et en profiter.

C’était la « société » qui était bien souvent tenue responsable de leurs conditions et les travers de certains individus devaient être excusés par des circonstances atténuantes. Tout cela n’était pas bien méchant si, pour « améliorer » les conditions de vie des individus soit disant « défavorisés », ce n’était pas les plus méritants à tout point de vue qui devenaient lésés. Et c’est de plus en plus ce qui se passe et qui devient, au fil de l’évolution ces dernières décennies, de moins en moins acceptable. Pour en arriver à cela il a aussi fallut passer par de la discrimination positive, de plus en plus inique pour ceux qui devenaient injustement alors, des laissés pour le compte.

Et puis au fil du temps récent, il devient tout aussi évident que ces coups de pouce égalitaristes ne remettent strictement rien à niveau, mais au contraire sont propices à créer une caste d’assistés permanents qui sont alors « nourris » sur le travail de ceux qui peuvent produire des richesses et qui eux commencent à se lasser de voir une partie de plus en plus grande de leurs efforts leur échapper. Le formatage de l’individu nouveau voulu par les collectivistes tout au long du XXème siècle, qui devait leur permettre de tout contrôler est donc de plus en plus battu en brèche.

On voit déjà qu’avec les moyens modernes, informatique, télécommunication et autres réseaux sociaux les segmentations et parce que la technologie le permet commence à descendre au niveau de l’individu. Et quand, dans le même temps « l’acquit » s’efface de plus en plus devant tous les « innés », s’en est finit déjà non seulement de l’individu nouveau « standard », mais de tous les modèles sociaux égalitaristes. Hayek disait déjà, au milieu du siècle dernier, l’impossibilité pour un Etat de gérer une telle diversité et qu’il importait pour lui une politique de « laisser-faire ». Ils ne s’y sont pas encore fait et plus encore en France, mais devront bien s’y faire tant ils ne pourront pas faire autrement.

Alors dans cette société humaine du XXIème siècle, il y a ceux plus beaux, plus intelligents, plus charismatiques et que sais-je encore, que les autres. Il ne va plus être possible bien longtemps de ne pas donner à chacun son mérite et donc accepter que certains individus reçoivent plus que les autres de la société et donc qu’il y ait des riches et des pauvres. Est-ce pour autant que le sentiment ressenti du bonheur devrait l’être suivant des critères de richesses. Tout montre le contraire, même si l’argent peut y contribuer…. un temps !

Que voit-on aujourd’hui, au plan médical cette fois avec le séquençage du génome des individus devenir à un coût de plus en plus abordable ? Un milliard de dollars par séquençage humain il y a un peu plus de 10 ans et moins de 1000 dollars maintenant. Alors et déjà dans les traitements oncologiques, les traitements sont personnalisés, et demain l’analyse des génomes, qui va se faire systématiquement soyons en certain, va montrer que certains individus vont avoir des prédispositions à certaines maladies et mourir plus tôt que d’autres, va forcément bouleverser la gestion sociale par l’Etat. Peut-il dans ces conditions y avoir « un » modèle social ? Je ne le pense pas. Il va bien falloir que l’Etat « lâche prise » et revoit cette fois ci contraint et forcé sa copie. Les gestions socialisantes sont de facto périmées et persévérer serait diabolique et les politiciens devraient alors rendre des comptes.

Le libéralisme dans son acception individualiste commence à être incontournable, du moins moralement.

mardi, février 11, 2014

Le travail "libre" .

Beaucoup nous parlent de vouloir inverser la courbe du chômage en France et encore en 2014, après n’avoir pas réussi à le faire en 2013, je ne vais pas tous les citer ! Et cela à grands renforts d’emplois et de fonds publics, c’est à dire encore une fois avec l’argent des contribuables qui payent des impôts. Et tout ce beau monde nous dit avoir « tout essayé » ! Je ne le crois pas, car vous n’avez pas encore essayé le plus important, faire confiance à tous les résidents sur le territoire français.

Je vais donc encore une fois, car après mes « posts » de 2005, 2006, ou encore de juin 2013,cette solution est encore plus d’actualité en 2014, qu’avant. Le chômage déclaré par ceux qui ont encore des droits continue de monter et pourtant à ces millions de résidents il leur faut bien vivre. Vous trouverez dans mes « posts » antérieurs, un certain nombre de solutions encore plus nécessaires maintenant que jamais, en 2014 et dans l’Etat actuel de la France.

Ma solution tient avant tout du pragmatisme et le « laissez-faire » des libéraux que je préconise, ne coûte rien à l’Etat c’est à dire aux contribuables au contraire de toutes les autres solutions étatistes.
Il va bien falloir qu’un jour déjà, l’Etat ne réserve ses services qu’aux seuls ayant-droits qui ont cotisés ou qui se soient assurés en cas éventuels de défaillance. Toute la misère du monde qui vient en France pour profiter gratuitement de ses « assistances sociales » devrait voir l’ensemble de ses coûts totalisés sur une ligne budgétaire propre, pour deux raisons primordiales, celle d’abord d’une saine gestion et d’autre part pour la transparence démocratique qu’un pays qui se réclame d’être un exemple pour le Monde, doit s’imposer.
Alors il n’y aurait pas lieu, chaque année, de mettre l’acceptation de ce montant au référendum, mais les français sauront lors des moments où il leur faudra renouveler leurs confiances à leurs représentants, s’il y a lieu de reconduire ou non ceux qui auront été trop prodigues de l’argent des autres. Ce serait juste et ce n’est pas ce qui est fait.

Pour cela, je vais donner une posture simple à tout ce qui existe aujourd’hui pour les cotisants. Des divers services sociaux aux assurances chômage en passant par le code du Travail. Je vais les laisser en l’état jusqu’à plus amples analyses. C’est simple non ?

La seule chose que je vais y modifier, ce sera la répression du travail « dissimulé », même si c’est à titre d’essai durant une certaine période. D’ailleurs le statut pris par tous les auto-entrepreneurs depuis ces dernières années n’est, si on y réfléchi bien, pas autre chose. Mais ceux qui y ont principalement recours ont déjà un certain niveau d’éducation, les sdf pour la plupart et tous les immigrés clandestins, entre autres, en ont-ils l’accès ? Et tous ceux qui n’ont pas assez des revenus de leur travail pour joindre les deux bouts, peuvent-ils facilement « vendre » leur travail et leur courage quelques semaines de plus chaque semaine ? Les risques, forcément arbitraires, encourus comme le montre les statistiques mises en exergue, les en empêchent. Car si toute la masse des millions de personnes vivants sur notre territoire n’a d’autres ressources pour y vivre, puisque par définition l’Etat n’a plus les moyens de leur faire la charité sur une telle échelle, il leur faudra bien vivre de tout un ensemble de petits boulots qui existent mais qu’ils ne pratiquent pas puisque d’abord l’Etat leur donne tout gratuitement et qu’une telle activité est interdite et pour eux et pour leurs employeurs.

On reviendra alors à des choses simples où le travail de certains individus qui l’auront accepté, sera rémunéré de la main à la main en liquide chaque semaine par exemple. Pas de contreparties de paiements, pas de recours bien sur mais plus de travail la semaine suivante et les réputations sont rapides à établir. Les soins éventuels, les compagnies d’assurance mettront en place partout des dispensaires au bénéfice de ceux qui avec leurs revenus auront fait la démarche de s’assurer auprès d’eux. Sinon rien. Mais dans le même temps il n’y aura plus de place en France pour ceux qui ne veulent pas travailler pour vivre, mais qui ne cherchent qu’à se mettre simplement à la charge des autres avec la complicité de politiciens qui y trouvent là, leur compte.

Et toute cette économie souterraine va forcément créer de l’activité économique, de la croissance et de l’emploi en bout de la chaîne. Ce qu’il faut faire ! Même philosophiquement et moralement chacun y trouve son compte d’avoir à travailler pour vivre. Sauf bien entendu les « incapables », qui seront pris en charge par l’Etat, mais ce n’est pas d’eux dont je parle ici. Et puis tous ces gens là qui auront aussi eu la capacité de montrer ce qu’ils valent, finiront forcément aussi pour certains, un jour, à entrer sur le marché du travail « blanc » s’ils y trouvent intérêt dans les contreparties payées. Ceux auxquels cela ne conviendrait pas, pourront toujours aller voir dans le pré voisin si l’herbe ne serait pas plus verte.

Quand on met en regard les économies réalisées par une dépense « publique » indue et l’accroissement de l’activité économique et l’encaissement par l’Etat des taxes qui va forcément de ce fait lui revenir, tout cela montre qu’à divers titres, c’est une bonne chose que d’arrêter de réprimer le « libre-travail », première propriété des individus libres. Bien sur, les étatistes de tous bords vont crier au scandale que de laisser les gens libres de travailler, mais leur système ne marche plus et il va bien leur falloir, faire contre mauvaise fortune bon cœur. Les conditions de répression actuelles font la part belle à tous ceux qui se laissent vivre aux frais des autres et économiquement ne peut plus tenir longtemps.

Il est temps de remettre, tous ceux qui prétendent vivre sur notre territoire, au travail et donner aux millions d’individus qui sont inemployables (actuellement et réglementairement parlant) pour toutes sortes de raison, comme par exemple ne valant pas le SMIC ou les sans papiers mais pas encore expulsés, la capacité de vivre de leur travail. Comme tous ceux qui souhaitent, parce qu’ils le peuvent, travailler quelques heures de plus par semaine dans des petits boulots pour améliorer leur niveau de vie, sans tout attendre gratuitement des autres.

vendredi, janvier 31, 2014

Droits de succession, hérésie économique !

« Quand on a travaillé dur toute sa vie, qu'est-ce qui donne du sens à la vie? C'est de faire que ses enfants commencent un peu plus haut que soi-même on a commencé. Eh bien, je ne vois pas pourquoi on devrait payer des impôts sur les successions ou sur les donations."»
– Nicolas Sarkozy

D’abord merci mes amis et ceux qui me connaissent pour ce grand éclat de rire quand vous avez vu, non pas la phrase mise en exergue, mais son auteur. Vous conviendrez aussi qu’il importe, pour une parfaite honnêteté de rendre à César ce qui appartient à César. Cette phrase dite en mars 2007 durant la campagne pour les présidentielles, l’était parce que d’abord, près de 86% des français souhaitaient les voir supprimer. Ce que j’ai tronqué de la citation c’est que ce même « auteur » ne voulait exonérer que 95% des français et c’est là tout ce qui sépare le libéral que je suis de cette personne. Et c’est bien ce qu’il a fait dans les premières années de son quinquennat en augmentant à plus de 150.000 euros les abattements pour les successions en ligne directe et en supprimant les droits de succession entre époux ou équivalent. Cet abattement a été ramené dans la dernière année du quinquennat à 100.000 pour justement le faire mieux correspondre aux 95 % des français qui sont visés.

Cet impôt, en fonction des ajustements budgétaires va, de ce fait fluctuer entre des collectes de 7 à 10 milliards d’euros. Pour ne pas trop dire de bêtises, alors que ce sujet n’est pas ma « tasse de thé », surtout dans l’orthodoxie des chiffres, j’ai regardé ce qui était dit à ce sujet sur internet et en particulier par l’Institut des Politiques Publiques. Il apparaît sur leur dernière étude de mars 2012 un certain nombre d’éléments donnant un éclairage intéressant. Cet institut fait des projections à travers un logiciel « TAXIPP » qui prend en compte la fiscalité des individus d’une manière globale. Ce logiciel a été élaboré entre autres par le trio Landais-Piketty-Saez qui avaient sorti en janvier 2011 une étude intitulée « Pour une révolution fiscale ». Après une analyse de l’évolution de la fiscalité sur les 3 derniers quinquennats, cet outil faisait apparaître que taxer beaucoup sur une assiette faible ou fluctuante ne pouvait conduire qu’à un impôt rapidement confiscatoire pour certains et qu’il était bien préférable d’avoir des taux faibles sur des assiettes les plus larges possibles.

Mais pour ces auteurs, la fiscalité en France doit être avant tout un outil de redistribution. Partant de là tout est dit et l’on voit bien qu’une vision libérale de la fiscalité ne se fonde pas sur les mêmes prémisses que les étatistes qui prétendent diriger la France depuis ces dernières décennies. Et d’ailleurs le trio susnommé s’apercevant qu’ils observaient un « accroissement de la régressivité » parmi les 1% des français les plus riches, donc les plus imposés, a été un peu plus loin pour effacer cette « incongruité » dans leur dernier projet ! Quand à Jacques Attali, il préconise de moins taxer le travail ou les revenus du capital, même si cela doit être du même niveau, mais que l’Etat se rattrape lors de la taxation sur les successions. Si je peux le suivre sur la première partie de sa remarque, je ne le ferais pas sur la fin parce que j’ai, comme tous les bons libéraux, une haute idée de la notion de propriété privée et des droits les plus larges des propriétaires sur celle-ci.

Alors, sur ce sujet des droits de succession pris par un Etat, il importe donc de se poser 2 questions majeures. La première sera de pourquoi faire et quel est le rôle de l’Etat et la seconde faut-il discriminer négativement les « riches » ou du moins cette tranche de 5% parmi les plus riches des français, déjà dans la taxation de leurs patrimoines. Je profite de ce qui précède pour aussi dire que je suis contre tous les impôts sur le patrimoine qu’il s’appelle ISF ou IRF demain, d’ailleurs. L’on voit bien qu’à la fois, par une fiscalité qu’une certaine idéologie veut « redistributive » et drapée dans une pseudo « justice sociale », on ne fait en définitive que de la démagogie électorale. Et c’est le cas quand on cherche à satisfaire, sur le dos de 5% des plus riches, les 95% de la population qui reste.

Parce que d’abord, pour un libéral chaque citoyen doit contribuer en fonction de ses possibilités aux services que lui apporte l’Etat. Cela implique aussi que lorsqu’il n’y a pas de contribution il n’y a pas de service en face. Que certaines catégories soient prises en charge par un Etat riche , avec les ressources naturelles dont il dispose, soit, mais cela ne peut-être sur le dos des autres cotisants. La sécurité sociale, gros budget de l’Etat ne doit prendre en charge que des cotisants directs, auxquels peuvent se substituer des assurances prises en cas de défaillance, mais pas dans d’autres cas. Il en est de même de toutes les autres prestations, assurance chômage comprise. Sinon comment avoir une transparence totale sur ces caisses sociales si tout est mélangé.

La fiscalité pour moi doit être incitative et non redistributrice car il s’ agit avant tout d’inciter les citoyens à produire des richesses. Et des citoyens qui travaillent doivent gagner plus que ceux qui sont à la charge de l’Etat. Et pour produire il faut à la fois des entrepreneurs et des capitalistes pour investir, car ni l’Etat ni les banques ne peuvent le faire. Toute l’Histoire universelle le montre. La France a donc besoin de riches et pour les garder ou les faire venir en France il importe de bien les traiter. Cela passe déjà par ne pas les traiter d’une autre manière que les 95% de la population, bien au contraire. Donc leur permettre aussi riches soient-ils de ne pas voir leurs patrimoines frappés de droits de succession, que ce soit pour le foncier ou les valeurs mobilières des entreprises industrielles et commerciales. Tout cela est propre à créer de l’emploi et de la croissance dont tous, bénéficieront.

Ces peut-être 8 milliards de taxes de droits de succession seront alors largement compensés par la confiance dans cette nouvelle justice fiscale.

vendredi, septembre 13, 2013

La Suisse est un concept en danger


par Liliane Held-Khawam, Economiste d’entreprise 
et fondatrice 
de Pro Mind

Perte de souveraineté. Pillage de la place financière. Pillage de sa monnaie. Pillage de son or. Pillage de ses données. Pillage des droits des citoyens. A toutes ces plaies s’ajoute l’humiliation. Rien n’aura été épargné au peuple suisse! Une des plus anciennes démocraties du monde flanche sous des coups venant de toutes parts. Or, la facilité et la vitesse avec lesquelles tout cela se passe auraient été impossibles sans trahisons internes.
Tout commence le 6 décembre 1992. Le peuple souverain refuse l’adhésion à l’EEE. Le lendemain de ce refus, le Conseil fédéral de l’époque tout dévoué à l’aventure européenne se lance dans une révision de la Constitution. Le peuple souverain pour la dernière fois accepte cette nouvelle mouture se fiant à ses autorités fédérales. Des voix dissonantes se sont certes élevées contre le contenu mais vite étouffées tant ce texte ardu a besoin de spécialistes de haut vol pour le décortiquer… Bref, le jour de l’acceptation de cette nouvelle Constitution, la Suisse est entrée de plain-pied dans l’Union européenne sans le savoir.
Malgré la difficulté du texte constitutionnel, il est simple grâce au traitement informatique de relever qu’un certain nombre de choses ont disparu. Tout d’abord le mot «nation» trônait dans le préambule: «La Confédération suisse, voulant affermir l’alliance des confédérés, maintenir et accroître l’unité, la force et l’honneur de la nation suisse.» Ce mot si cher au cœur des premiers démocrates qu’il a été gravé dans l’art. 3 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 en lettre majuscule! En 1999, il a été remplacé par «communauté» et «vivre ensemble», valeurs chéries par les mondialistes.
La souveraineté des peuples n’est pas en reste. Elle qui définit la démocratie a aussi été retouchée. Ainsi, le premier article de l’ancienne Constitution qui disait «Les peuples des vingt-deux cantons souverains de la Suisse» a été remplacé par «Le peuple suisse et les cantons… (liste) forment la Confédération suisse». Les principes de peuple souverain et de nation – fondateurs de toute démocratie – ont donc été enterrés.

Dans l’ancienne Constitution, la conclusion de traités internationaux relevait du référendum obligatoire. Depuis le 1er août 2003, l’art. 166 al. 2 de la Constitution est le suivant: «Elle (Assemblée fédérale) approuve les traités internationaux, à l’exception de ceux dont la conclusion relève de la seule compétence du Conseil fédéral en vertu d’une loi ou d’un traité international.» Aujourd’hui c’est l’Assemblée fédérale ou le peuple qui doivent fournir l’effort de collecte de signatures pour exiger un référendum… Les signatures des conseillers fédéraux ont donc depuis valeur d’or. Il suffit de faire placer la bonne personne au bon endroit. Un régime autoritaire peut dès lors se déployer. La Lex USA est un des innombrables exemples qui choquent le citoyen.
Avec cette nouvelle Constitution, on voit apparaître un phénomène inconnu jusqu’alors. Le poids direct des partis politiques et des lobbies. L’art. 147 se présente ainsi: «Les cantons, les partis politiques et les milieux intéressés sont invités à se prononcer sur les actes législatifs importants et sur les autres projets de grande portée lors des travaux préparatoires, ainsi que sur les traités internationaux importants.» Les lobbies sont les bienvenus dans la Constitution! Les partis politiques dont le financement est garanti en partie par les banques y sont aussi reconnus! Il faut y reconnaître une avancée spectaculaire. Le bétonnage à tout va du paysage suisse, couvert de grues n’est qu’un des effets visibles de cette révolution d’un Etat-business qui s’approprie tout sur son chemin.
La nouvelle Constitution a donc morcelé la souveraineté légendaire du peuple suisse. Une partie a été transférée de facto aux conseillers fédéraux. La BNS a bénéficié d’un autre bout de la souveraineté qui lui a donné la possibilité pêle-mêle de vendre de larges parties des réserves d’or à un prix ridiculement bas. Elle a pu vendre des actifs sérieux, faire fonctionner la planche à billets et noyer le franc suisse par des euros, créer artificiellement un bilan géant, déconnecter la monnaie de la production réelle… Ce faisant elle participait fortement au sauvetage des banques de la zone euro et des dettes européennes pourries, faisant porter tous les risques au seul citoyen-contribuable. A aucun moment elle n’a cherché à réduire ses risques par la création d’un fonds souverain, la vente d’euros. Aujourd’hui, en cas de suppression de dettes européennes le peuple suisse sera le premier à trébucher. Cela pourrait même, selon l’importance, le jeter dans les bras des marchés financiers au même titre que ses voisins. Le seul souci de ces dernières années de la BNS s’appelle le sauvetage des «too big to fail», banques répertoriées par l’administration américaine en 2010. En revanche, si on parle au patron de la BNS du sauvetage éventuel d’une banque cantonale, il répond que la BNS n’a pas pour vocation de sauver des banques… Cherchez l’erreur… L’intérêt public a changé de nature de même que la souveraineté du pays a été «disloquée et délocalisée».

La justice n’est pas en reste. L’art. 139 al. 3 touche la démocratie directe ainsi: «Lorsqu’une initiative populaire ne respecte pas le principe de l’unité de la forme, celui de l’unité de la matière ou les règles impératives du droit ­international, l’Assemblée fédérale la déclare totalement ou partiellement nulle.» L’art. 190 complète ainsi l’entrée en force du droit international – comprenez européen – en Suisse: «Le Tribunal fédéral et les autres autorités sont tenus d’appliquer les lois fédérales et le droit international.» Les articles continuent en faveur du droit international en cas d’initiative et de révision de la Constitution. Berne est devenu en quelque sorte une succursale de Bruxelles. Quand on sait à quel point Bruxelles légifère sur les détails du quotidien de la vie…
Bruxelles, ce lieu où les dirigeants ne sont pas élus et où les lobbies sont chez eux, a gagné ce que le peuple suisse a perdu en souveraineté. Est-il alors étonnant de constater la disparition du mot Nation et la remise en question de la souveraineté dans la nouvelle Constitution? La Suisse est en train de disparaître en tant qu’Etat-Nation souverain et démocratique au nez et à la barbe du peuple. Il ne reste plus qu’à supprimer l’armée, ciment culturel du pays. On est en droit de s’inquiéter pour l’avenir de nos enfants.

vendredi, août 23, 2013

La professionnalisation de la vie politique mène à la ruine

Par Patrick de Casanove, Président du Cercle Frédéric Bastiat. (article paru dans le journal Le Temps le 23 août 2013)

En France, c’est le marxisme. Le socialisme favorise l’apparition d’une nomenklatura de dirigeants privilégiés dont le but est de garder le pouvoir

Que les ministres planchent sur ce que sera la France en 2025 n’est pas fait pour rassurer. Ils sont incapables de résoudre les problèmes de la France d’aujourd’hui. Et pour cause: les politiques qu’ils ont suivies depuis des dizaines d’années en sont responsables. On peut rentrer dans le détail des raisons pour lesquelles la France est dans une situation difficile: dépenses publiques excessives, prélèvements confiscatoires, réglementation asphyxiante, etc. Il en existe une importante et souvent négligée: la professionnalisation de la vie politique.
Nous savons depuis Bastiat que les politiciens, les agents de l’Etat, sont mus par l’intérêt personnel comme les autres hommes. Buchanan formalisera cela dans la «théorie des choix publics». Il recevra le Prix Nobel.
L’homme politique étatiste s’appuie sur des théories économiques, philosophiques, religieuses qui magnifient le rôle de l’Etat, du législateur, du prince ou du guide. En France, c’est le marxisme. Le socialisme favorise l’apparition d’une nomenklatura de dirigeants privilégiés dont le but est de garder le pouvoir. Le politicien doit donc bâtir une carrière politique comme d’autres bâtissent une carrière professionnelle.
La professionnalisation favorise le conformisme. Pour faire carrière, le politicien ne fait pas de vagues, rentre dans le moule, trouve un tuteur. Cela exclut les innovations, les idées qui s’écartent de «la ligne» ou qui sortent des cadres de référence. Il satisfait des groupes de pression, des clientèles, achète des voix. Bien entendu, la justification est altruiste: l’intérêt général, la justice sociale, l’éradication de la misère, l’égalité, la lutte contre le chômage, etc. Pour faire carrière, le politicien montre qu’il sert à quelque chose. Il intervient donc sur tout et n’importe quoi. La réglementation de la vie privée ne crée que des faux droits des uns aux dépens des autres, ce qui détruit le lien social. L’invasion de la vie privée entraîne l’inflation réglementaire et législative. La moindre action, la plus petite initiative en France, est soumise à une loi ou à un règlement. L’existence de ces autorisations et interdictions arbitraires est la source de la corruption. Pour faire tourner l’Etat de plus en plus obèse, il faut une machine administrative de plus en plus lourde. Ce qui augmente son temps de réaction, son inefficacité et sa nocivité. Pour financer cette immense machine et empêcher les individus d’agir selon leurs propres choix, il faut des moyens gigantesques. Que ce soit pour le fonctionnement ou pour la redistribution à la clientèle. Cela induit la fiscalité écrasante.

Dans l’économie réelle, l’amélioration importante des rémunérations en entreprise dépend de l’accession à un poste supérieur, mieux rémunéré. Il en est de même en politique. Le cumul des mandats ou un mandat «supérieur» font partie de l’avancement du politicien. Pour cumuler des mandats, il faut en créer, d’où un millefeuille administratif. Celui-ci n’est donc pas prêt de disparaître. L’arrivée de jeunes loups n’est pas bonne pour les caciques. Très ambitieux et voulant aussi faire carrière, ils prendront des places aux anciens, nuisant ainsi à l’avancement de ces derniers. La classe politique se renouvelle peu.
Il faut durer donc influencer l’éducation et les médias pour que les gens restent soumis, voire consentants, ce qui est le mieux.
Dans cette situation, la réduction des dépenses publiques, la simplification administrative, l’absence de corruption ne sont que des incantations.
La base de toute solution est de définir qui fait quoi. A l’Etat les fonctions régaliennes, le filet de sécurité qui vient en aide aux personnes dans le besoin et finance la transition d’un régime totalitaire mou vers un régime de libre choix. Aux citoyens la liberté économique (qui va au-delà de l’économie stricte).
Grâce à cela, les hommes politiques n’auront plus de soucis de carrière. Rares seront ceux que leur activité politique occupera à plein temps. Ils auront la nécessité d’avoir un vrai métier, ce qui leur permettra de ne pas être coupés des réalités de manière bien plus efficace que le cumul d’un mandat local et d’un mandat national. Il semble judicieux qu’avant d’aller réglementer la vie des autres, il soit indispensable d’avoir donné les preuves de ses capacités à mener sa barque dans une activité économique utile. Cette expérience de la vraie vie sera plus formatrice pour le gouvernement des hommes que tous les cours théoriques dispensés en école spécialisée, aussi prestigieuse soit elle. Les règlements et l’intervention infinie de l’Etat dans la sphère privée créent corruption et conflits d’intérêts. Quand chacun est libre de choisir sa vie, il n’y a pas de corruption parce qu’il n’y a personne à corrompre. Avoir un vrai métier ne crée pas de conflits d’intérêts puisque le domaine d’intervention des politiciens ne concerne pas l’économie. Les conflits d’intérêts disparaissent naturellement, y compris pour les fonctionnaires qui vivent de redistribution. Ainsi, ceux qui font les normes, lois et règlements ne sont pas soumis aux lobbies de ceux qui les subissent ou en profitent. Les domaines d’intervention étant limités, les politiciens sont moins nombreux et la machine administrative s’allège. La simplification administrative est logique et inévitable, le millefeuille disparaît.

Cerise sur le gâteau, la liberté économique et le libre choix permettent la meilleure affectation des moyens sans gaspillage. La prospérité est à la clé. La politique économique et les constructions artificielles ne peuvent obtenir ce résultat. Les filières d’avenir décidées par l’Etat et aussitôt oubliées, les multiples plans inefficaces et coûteux, les politiques publiques volontaristes et ruineuses, les déficits publics et la dette le rappellent tous les jours.
La Suisse avec son système de politiciens «miliciens» peut servir d’exemple. La taille du pays n’a pas d’importance parce que seuls les individus sont les acteurs réels de la société, quelle qu’en soit la taille.

mercredi, août 14, 2013

"Démocratie" ou Libéralisme ?

Je me permet de vous inviter à lire ci- après l'excellente recension que Francis Richard a fait de l'ouvrage de Frank Karsten et Karel Beckman "Dépasser la Démocratie".

"La démocratie est-elle l'horizon indépassable de la liberté? Deux auteurs néerlandais, Frank Karsten et Karel Beckman, font la démonstration, accessible à tous, du contraire.

Ainsi la démocratie représentative, basée sur la tyrannie du nombre, conduit-elle tout droit à la croissance de l'Etat, qui se transforme mécaniquement en Etat-providence, sans échappatoire, et remet-elle en cause la prospérité.

Dans leur livre iconoclaste, Dépasser la démocratie, ces deux auteurs démontent d'abord 13 mythes qui fondent la religion séculaire de la démocratie, telle que nous la connaissons dans les Etats-nations.

Puis ils démontrent que plus de démocratie se traduit par moins de liberté et moins d'harmonie.

Enfin ils proposent une alternative qui met en avant la liberté individuelle.

Quels sont ces 13 mythes de la démocratie?

1. Chaque vote compte: un vote sur des millions n'a aucune influence réelle et ne constitue qu'une vague préférence: "Il existe rarement une personne ou un parti avec lesquels vous êtes d'accord sur tous les sujets." Une fois que vous avez voté, on prend à votre place pendant des années (quatre ou cinq) de multiples décisions auxquelles vous n'avez pas donné votre accord.
2. Dans une démocratie le peuple gouverne: en réalité, ce n'est pas le peuple dans son entier qui gouverne, mais tout au plus une majorité d'électeurs, représentés par un plus petit nombre d'hommes politiques qui décident à leur place, souvent contre leur volonté, sous la pression de lobbys, de groupes d'intérêts et d'activistes.
3. La majorité a raison: "une chose n'est pas vraie par le simple fait que de nombreuses personnes croient en sa véracité.". De plus "[les gens] espèrent partager la charge avec d'autres et profiter d'avantages payés par d'autres" et "la quantité l'emporte sur la qualité". Ce n'est donc ni rationnel, ni moral.
4. La démocratie est politiquement neutre: "sur le long terme les démocraties occidentales ont constamment avancé dans la direction d'une plus forte interférence étatique, d'une plus grande dépendance envers l'Etat et d'un plus haut niveau de dépenses publiques."
5. La démocratie mène à la prospérité: il n'y a pas corrélation entre pays démocratiques et prospérité. L'évolution récente prouve même l'inverse: "Le secteur privé s'érode progressivement, dans un processus menaçant de détruire la richesse formidable créée par l'Occicent pendant des siècles."Dans une démocratie, "les citoyens sont incités à obtenir des avantages au détriment des autres" et les hommes politiques "à dépenser autant que possible, afin de pouvoir obtenir les mérites et laisser leurs successeurs payer la note".
6. La démocratie est nécessaire pour assurer une juste distribution des richesses et pour venir en aide aux pauvres: la distribution des richesses, sous forme de subventions, de privilèges et d'emplois, se fait sous la pression de lobbys: "Dans ce système, le parasitisme, le favoritisme, et la dépendance sont encouragés, tandis que la responsabilité individuelle et l'autonomie sont découragés." Pour aider les gens incapables de subvenir à leurs propres besoins, "il n'est pas nécessaire de créer la machine redistributive massive de nos démocraties. Cela peut être fait par des institutions privées de charité".
7. La démocratie permet de vivre tous en harmonie: "l'une des conséquences malheureuses du système démocratique est que les gens sont incités à former des groupes qui entreront nécessairement en conflit avec d'autres groupes. Il en est ainsi parce que vous n'avez aucune chance de transformer vos idées en loi qu'en faisant partie d'un groupe (ou d'un bloc d'électeurs)."
8. La démocratie est nécessaire pour créer un sentiment de communauté: "la démocratie est une organisation dont l'adhésion est obligatoire. Une véritable communauté repose sur la participation volontaire."
9. La démocratie signifie la liberté et la tolérance: "la liberté signifie que vous n'avez pas à faire ce que la majorité de vos semblables veut que vous fassiez, mais que vous pouvez décider pour vous-même." Les démocraties protègent quelques minorités et d'autres pas, limitent la liberté d'expression par de nombreuses exceptions.
10. La démocratie favorise la paix et aide à lutter contre la corruption: historiquement les démocraties ne sont pas pacifiques les unes avec les autres (voir les belligérants de la Grande Guerre) ou les récentes guerres (entre Russie et Géorgie ou entre Israël et Liban). "La corruption est inévitable là où l'Etat a beaucoup de pouvoir, quel que soit le système politique, et cela inclut évidemment la démocratie."
11. Dans une démocratie les gens obtiennent ce qu'ils désirent: en fait, c'est le contraire, parce que plus de démocratie conduit à plus de bureaucratie et à plus d'entraves pour le marché : "Le marché libre ne fonctionne pas par des processus démocratiques. Pourtant, dans un sens, le marché libre est plus "démocratique" que la démocratie car les citoyens peuvent faire leurs propres choix plutôt que d'avoir le gouvernement qui choisit pour eux."
12. Nous sommes tous favorables à la démocratie: parce que nous n'avons pas le choix, sinon. "En fait de nombreux démocrates bien-pensants seraient sans doute heureux d'échapper aux mesures qu'ils sont censés avoir choisies par les urnes."
13. Il n'y a pas de meilleure alternative: "nous n'utilisons pas la démocratie dans le domaine scientifique, nous ne votons pas sur la vérité scientifique, mais nous utilisons la logique et les faits. Il n'y a donc aucune raison de penser que la démocratie est nécessairement le meilleur système politique." De fait, "plus un Etat démocratique est grand et plus sa population est hétérogène, plus des tensions naîtront. Les différents groupes d'un tel Etat n'hésiteront pas à utiliser le processus démocratique pour piller les autres autant que possible, et pour interférer avec eux. A l'inverse, plus les unités administratives sont petites et plus la population est homogène, plus il est probable que les excès de la démocratie restent limités. Les gens qui se connaissent personellement ou se sentent liés les uns aux autres sont moins enclins à se voler et à s'opprimer les uns les autres".

Cette démythification est nécessaire et montre que la démocratie est intrinsèquement collectiviste:

"Les gens dans une démocratie se tournent naturellement vers l'Etat pour qu'il prenne soin d'eux."

Les hommes politiques, pour avoir la faveur des électeurs, jettent de l'argent sur les problèmes, réglementent à tout va et créent des commissions pour mettre en oeuvre leurs règles et réglementations. Il ne faut pas s'étonner que les bureaucraties fleurissent, que les parasites qui doivent leur existence à l'Etat pulullent, que les hommes politiques soient saisis par la mégalomanie et que des citoyens toujours plus nombreux deviennent des assistés.

L'Etat-providence encourage ceux qui en profitent et décourage ceux qu'il spolie. Le nivellement se fait par le bas. "Les désaccords privés sont continuellement transformés en conflits sociaux". "Tout le monde se sent poussé et encouragé à imposer sa vision du monde aux autres". Les hommes politiques ont une vue à court terme, celui de leurs échéances électorales et dépensent sans compter pour être réélus. L'argent manque? Ils augmentent les impôts, puis empruntent, enfin font tourner la planche à billets, c'est-à-dire pratiquent le vol légal d'une manière ou d'une autre.

Le mécontentement est général. Plus personne n'a confiance. Peu de gens remettent en cause l'origine principal des maux qu'ils subissent, la nature collectiviste de la démocratie. La situation est mûre pour l'appel à l'homme providentiel, au dictateur bienveillant:

"Fini les débats sans fin, l'indécision, la querelle , l'inefficacité. Mais ce serait une bien mauvaise affaire. Nous recevrions l'ordre public, c'est vrai. Mais le prix serait la fin de la liberté, du dynamisme et de la croissance."

Il existe une autre voie, celle de la décentralisation du pouvoir et de la liberté individuelle:

"La décentralisation, contrairement à la démocratie nationale, est un système de "vivre et laisser vivre". Alors laissons fleurir un millier de nations.
La diversité dans la gouvernance implique que les gens peuvent décider plus facilement sous quel système ils souhaitent vivre."

Les auteurs donnent l'exemple de la Suisse avec ses vingt-six cantons, ses 2'900 communes, ses impôts versés majoritairement au niveau cantonal et communal, et non pas fédéral, ses différentes réglementations qui se font concurrence, sa non-appartenance à l'Union européenne.

La Suisse est en effet "un pays qui réussit très bien":

"Au niveau mondial elle est dans le peloton de tête en termes d'espérance de vie, de niveau d'emploi, de bien-être et de prospérité. Elle est l'un des rares pays au monde qui n'a pas connu de guerre depuis plus d'un siècle. Malgré l'existence de quatre langues (allemand, français, italien et romanche), il y a beaucoup d'harmonie sociale."

Les auteurs ne préconisent pas la Suisse "comme un idéal ou comme la seule option":

"Mais c'est un exemple qui montre comment le pouvoir décentralisé pourrait fonctionner et comment il conduit à une baisse des impôts et à une plus grande liberté individuelle."

Pour les auteurs la société idéale serait la suivante:

"En fait, notre société idéale et libre serait semblable au modèle sur lequel est basé Internet. Avec Internet quelques règles s'appliquent. Elles sont simples à respecter. Pour le reste, chacun peut participer à sa guise."

Transposé, cela donne:

"Dans une société libre, la règle principale est de ne commettre ni fraude, ni violence, ni vol. Tant que les gens s'en tiennent à cette règle, ils peuvent offrir tous les services, y compris ceux qui sont considérés comme des "services publics". Ils peuvent également créer comme ils l'entendent leurs propres communautés - monarchiste, communiste, conservatrice, religieuse ou même autoritaire, pour peu que leurs "clients" adhèrent volontairement et pour peu qu'ils laissent les autres communautés tranquilles."

Cette société libre serait contractuelle:

"Une société devrait être fondée sur des contrats où les droits sont respectés et où toutes les parties savent à quoi s'en tenir."

Les auteurs sont confiants et pensent que leur société idéale n'est pas utopique. Ils placent leur espoir dans la technologie pour y parvenir:

"En réalité, la technologie est la véritable force de démocratisation, bien plus que le système démocratique lui-même."

Ils appellent de leurs voeux la constitution de petites unités administratives:

"Nous croyons que l'Etat-nation et la démocratie qui va avec sont des institutions du XXe siècle, pas du XXIe siècle. Le chemin vers l'autonomie et l'autogouvernement continuera, mais il ne passera pas par les larges démocraties. Il passera par la décentralisation et par l'organisation des personnes en plus petites unités administratives, conçues par les gens eux-mêmes."

Le préalable se trouve dans leur conclusion:

"Il est temps de nous libérer de la tyrannie de la majorité. Nous n'avons rien à perdre, à part les chaînes qui nous lient les uns aux autres."

Francis Richard

Dépasser la démocratie, Frank Karsten et Karel Beckman, 144 pages,Institut Coppet