lundi, septembre 17, 2007

Défendre le Libéralisme

Hier 16 septembre 2007, ce fut la fête de la Liberté à l’Espace Charenton. La deuxième du genre après celle de Nogent sur Marne l’année dernière. Merci Jacques de Guénin à travers Liberté Chérie. Plus grand, plus de monde, plus d’associations libérales, plus de stands, plus de publications. Le monde libéral semble petit à petit émerger du magma collectiviste. Enfin !

Si les médias n’ont pas encore trouvé « l’ouverture » pour parler et relayer cette fête, comme ils l’ont fait abondamment en ce qui concernait la fête de l’Humanité, on a donc parlé beaucoup ce week-end de libéralisme, mais encore trop dans son concept « d’anti-libéralisme ». Et pour ma part j’ai trouvé chez tous ces gens, qui avaient vraiment besoin de tous « s’associer » pour continuer à exister un tant soit peu, une agressivité nouvelle sur ce que faisaient leurs opposants, c'est à dire la société civile, un peu comme celui qui n’a plus rien de valable à dire pour sa défense et pour qui l’invective tient lieu d’argument.

Alors on sent bien à travers tout cela que les français, dans leur majorité, cherchent et cherchent encore de nouvelles voies pour que la France s'en sorte et qu’à défaut de trouver un socialisme salvateur, ils semblent bien contraints de se tourner peu ou prou vers les idées libérales. Il importe alors, que plus que jamais, il puisse y avoir une certaine harmonie dans notre discours libéral.

Dans cette journée de la Liberté et au contraire de la première édition, pas de participation officielle du nouveau parti politique Alternative Libérale. Bien que l’on retrouve chez certains participants une certaine « transversalité », participation à une association cherchant à promouvoir le libéralisme et adhésion à AL. Alors faut-il en conclure qu’un parti politique n’avait pas sa place, hier, parmi des associations ? Pourtant ce sont bien les mêmes buts qui sont recherchés là, volonté de présenter aux français des solutions libérales.

En ce qui me concerne, la pierre d’achoppement de tout cela, est bien de savoir quel libéralisme l’on entend et l'on doit présenter aux français. Le vrai et simple libéralisme ou bien un libéralisme édulcoré de « politicianisme » ? Y aurait-il un "libéralisme de compromission" qui devrait être le « cheval de Troie » du vrai libéralisme et ceci sous le prétexte que le vrai libéralisme, les français ne seraient pas encore prêts à en entendre parler ? Et ceci parce que l’ostracisme serait encore trop grand sur la simple évocation de son nom ?

En ce qui me concerne, les épisodes récents qui ont émaillés la vie d’AL ces derniers mois, m’ont gênés surtout dans la teneur de leur programme que je trouvais trop constructiviste et encore trop étatiste pour vraiment représenter des solutions libérales qui en sont dans l'absolu à l'opposé. La cerise sur le gâteau, pour moi encore, aura été le soutien au super étatiste Bayrou sous prétexte de « monter dans le train » d’un défenseur de la proportionnelle ! Pour beaucoup d’autres ce fut la manière de ce choix du soutien à Bayrou. "Paris" et le Codir n'auraient pas, dans la précipitation consulté les adhérents - qui "font" aussi AL, il faut le reconnaître - pour une décision qui il est vrai pouvait les prendre à contrepieds dans les discours qu'ils tenaient, eux, sur le terrain. Je ne sais pas s’il ne s’agit pas pour eux d’un faux-nez. Qu'on se replace dans le même contexte et si au lieu de soutenir Bayrou, le CODIR avait choisi de cette même manière « anti-démocratique », de ne soutenir personne. Y aurait-il eu dans les rangs d'AL, le même tolé ?

Et voici qu'aujourd'hui, en cet automne 2007, le mouvement libéral qui entre à nouveau en résonance. D’un coté AL qui, à juste titre veut créer une « commission grise » pour la croissance (contre celle d'Attali) et de l’autre l’ALEPS qui transforme son Guide du Candidat en Guide de la Réforme. Deux démarches pour un même but : donner aux français des solutions libérales pragmatiques pour la Réforme qui vise la relance de la croissance.

AL qui veut communiquer avec les électeurs sur des solutions libérales et l’ALEPS qui, enfin, traduit la pensée libérale en actes faisables par ceux qui veulent réformer la France. AL qui veut avoir tiré toutes les leçons de ses échecs récents et qui pense qu’avec plus de démocratie interne, les choses devraient aller dans le bon sens pour leur mouvement et l’ALEPS qui regarde encore le monde politique depuis sa chaire professorale, afin de ne pas laisser ses idées être enfermées dans des contraintes électoralistes.

Et si demain AL voulait bien condescendre à défendre le libéralisme « pratique » des professeurs d’économie de l’ALEPS ? Et si le programme politique d’AL était le Guide de la Réforme de l’ALEPS ? Et si la « commission grise » sur la croissance que veut mettre en place AL s’appuyait largement sur l’avis de tous les libéraux des Associations composant la fête de la Liberté comme Liberté Chérie, Contribuables Associés et autres, dont bien sur l’ALEPS sur ce sujet sur lequel les libéraux ont tant à dire, plutôt que de vouloir, seuls dans leur coin, décliner dans la vie pratique la pensée libérale ?

Une chose est sure et je ne sais pas si les français sont encore tous imperméables à un discours qui serait "brocardé" de "libéral", c'est que s'ils souhaitent encore trop être protégés par l'Etat, ils aspirent de plus en plus à retrouver la Liberté. Ils commencent à comprendre, même confusément, que le prix de cette "protection" devient de plus en plus cher à payer en terme de lois liberticides. Sans d'ailleurs ne rien résoudre car le cancer continuera à frapper et que la seule solution pour ne vraiment plus avoir de "morts sur la route" c'est que plus personne ne prenne sa voiture !

Alors demain, AL va-t-il, à l’instar de l'élaboration de son programme, défendre dans cette commission des solutions non libérales, concoctées pour de simples visées électoralistes ou bien va-t-il être le véritable porte parole "politique" d’une commission sur la croissance, issue de tous les libéraux qui réfléchissent depuis des décennies sur tout ce que les mesures libérales pourraient apporter à la croissance en France.

Il y a là, il me semble et pour quelques mois, une bonne fenêtre de tir pour réconcilier tout le petit monde libéral français. AL a du pouvoir mesurer, depuis ces 6 derniers mois, tout ce que lui coûtait d’être en marge de beaucoup trop de libéraux français, pour laisser filer une telle opportunité. Croisons les doigts pour qu’Edouard Fillias comprenne le bien fondé de cette option et incite son parti à faire preuve, là dessus, de bon sens. Ce n’est pas encore l’heure pour eux d'avoir à faire des compromissions politiciennes pour gouverner ! Alors qu’AL soit « intolérant sur les valeurs libérales » et quitte un discours électoraliste qui n'est pas d'actualité !

5 commentaires:

Thierry a dit…

Cher Libéralisateur,

Ce fut un plaisir de te retrouver dimanche à l'Espace Charenton.
J'ai ressenti la même chose que toi sur quelques sujets. Je trouve que la position officielle de AL n'est pas libérale sur au moins deux sujets :
- la famille (avortement, adoption par des couples homosexuels, ...) ;
- le revenu garanti (autre forme de l'impôt négatif).
Je regrette ces positions car elles nuisent, je crois, à la crédibilité de AL et repoussent certaines personnes. J'espère qu'AL évoluera sur ces sujets et j'argumente en ce sens.
En ce qui concerne le soutien à Bayrou, il n'était pas motivé par une convergence de vue sur les idées libérales mais sur le projet de réforme des institutions. Je ne cois donc pas qu'on puisse blâmer AL de ce soutien pour cause de "non conformité aux idées libérales". Peut-être peut-on le faire en raison des dégats qu'il a pu causer dans la famille libérale.

Libéralisateur a dit…

Et comme dans toutes les partitions musicales, une fausse note ou même plusieurs et le "morceau" et les interprêtes sont discrédités.

A la fois par tous ceux qui ne comprennent pas, de ce fait, le libéralisme et ne lui trouve aucune novation par rapport à l'assistanat collectiviste. Et tous les libéraux qui ne peuvent adhérer à ces incohérences. En particulier le revenu pour tous, il faut bien le prendre dans les impôts et si c'est à travers une flat tax autant ne pas collecter cet impôt pour le redonner aussitôt et si c'est l'impôt progressif que nous connaissons pour une redistribution égalitaire. On est en plein collectivisme !

D'autre part le combat libéral, du moins en ce qui me concerne et celui pour lequel on doit se battre, ce n'est pas celui pour la reconnaissance de l'homosexualité et plus ou même la libéralisation des drogues. Ce sont choses de la sphère privée et les libéraux qui se battent avant tout pour la suppression du trop plein de lois ne vont quand même pas vouloir en créer d'autres, surtout sur ces plans. Il s'agit là encore de laisser-faire un point c'est tout, il y a trop de priorité plus importantes dans les revendications que nous devons défendre.

Mais l'élaboration de telles mesures montre bien, si c'était nécessaire, que nous avons, là, à faire à une liste à la Prévert où chacun des participants a tenu à profiter de cette tribune pour faire "passer" son intérêt ou ses dadas personnels. Et puis il y en avait d'autres et là ce me semble plus dommageable, qui ont laissé faire, sachant qu'un tel programme allait déconsidérer le mouvement.

Pour AL, tirer les leçons de ces derniers mois, c'est faire preuve d'humilité et se recentrer sur un programme comme le Guide de la Réforme et le promouvoir et surtout ne pas chercher à le réinventer. Cela évitera tous les dérapages et je suis sur qu'AL retrouvera, en cela, capacité à rebondir. Avec de vrais alliés. Dans le cas contraire, c'est bien qu'ils l'auront fait exprès de .... sombrer.

Quant à Bayrou, il n'y a rien à dire d'un fantôme. Qu'apporte cette mouche du coche ? Réforme des institutions ? La belle affaire! Tout cela ne tient pas. Dans quelques institutions que ce soit et surtout dans la nôtre, celui qui veut réformer le peut s'il .... en a le courage! Et c'est la réforme qui est nécessaire. Alors le "si nous avions d'autres institutions" ... montre bien la vacuité du bonhomme.

Gallatin a dit…

Cher Libéralisateur,

Je suis désolé d'avoir dû rater cette manifestation visiblement passionnante. Certes, nous autres les libéraux détenons la vérité, mais pour la faire triompher au final, il faut quand même bien s'amuser en chemin en compagnie des nôtres... Trouver un libéral décomplexé ces jours-ci, c'est comme trouver une aiguille dans une meule de foin, sauf à la fête de la liberté!

Au sujet de l'approche "politique", je voudrais attirer votre attention sur ce candidat à l'élection présidentielles qui propose:
- l'abolition de la banque centrale (pour libéraliser la production de monnaie);
- l'abolition du ministère de l'éducation nationale (pour libéraliser la formation intellectuelle de la prochaine génération);
- le rapartiement immédiat de tous les soldats engagés à l'étranger dans des missions du maintien de la paix (pour éviter de soutenir des dictateurs exotiques);
- et pour couronner le tout, l'abolition de l'impôt dur le revenu.
Libéral? Oui, à fond! Et autrement plus intransigeant qu'Alternative Libérale... Vous allez dire: il va droit au mur. Eh bien non! Ce candidat s'appelle Ron Paul, et il fait un tabac aux Etats-Unis. Plus le message est radical, plus ça marche! Bien sûr, il ne faut pas le propager n'importe comment. J'encourage tous les libéraux à étudier sa manière de parler et d'argumenter pour l'imiter, car, lui, il a su toucher le peuple.

Qui sera le Ron Paul français? Notons que son message est universel, car il est strictement basé sur la Constitution américaine de 1787, qui est dans l'esprit extrêmement proche de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen d'août 1789, le document fondateur de notre république.

Gallatin.

Libéralisateur a dit…

Merci pour ton mot Gallatin !
Il y a eu en politique et en France un "quasi Ron Paul" qui passa d'une manière fugace, qui fut Jimmy Goldschmidt. Car pour être Ron Paul il faut d'abord gagner bien sa vie en dehors de la politique et avoir des convictions libérales fortement ancrées.
Et il apparaît qu'aujourd'hui les nouveaux mécènes riches à milliards préfèrent les dépenser dans le financement dispendieux d'équipes de football plutôt que vouloir la libéralisation des êtres humains de main-mise étatiques. Faut-il en croire que leur argent a plus été gagné "grâce" au système plutôt que grâce aux valeurs libérales. Et pourtant l'homme le plus riche du monde, Bill Gates, a bien gagné sa fortune que grâce aux seuls mérites d'un monde libéral où c'est le plus "fort" (dans tous les sens du terme) qui devient le dominant. Ce qui est bien différent que de devenir le "dominant" par la contrainte ou le monopole étatique. Personne n'est obligé d'acheter du Bill Gates, tel que je le fait avec mon Mac et tout ce qui va autour. Mais Bill Gates pense que le bien autour de lui peut se faire à travers des fondations fondées pour la plupart pour aider les gens. Il pourrait promouvoir à travers ses fondations les valeurs libérales et favoriser l'autonomie des individus. Il ferait en cela un plus grand bien à l'espèce humaine qu'en finançant la santé des individus par exemple. Car créer des êtres autonomes et responsables va générer de leur part les découvertes pour se soigner. Tout revient au vieil adage qu'il est plus émancipateur d'apprendre à un être humain à pêcher que de lui donner du poisson ! Mais BG fait bien ce qu'il veut de son argent.

Pour revenir à Ron Paul dont je n'ai jamais tant entendu parler que ce matin où je suis allé en apprendre sur lui sur de blogs en français qui expliquent son action, je crois qu'il n'existe aujourd'hui que parce que c'est lui et que son environnement est tel qu'il est. Dans ce même environnement un autre ne pourrait plus faire et dire ce qu'il défend et lui-même transposé en Asie par exemple dans un autre environnement ne ferait certainement plus du "Ron Paul".

Pour ses principales propositions que tu cites:

-abolition de la BC,
il s'agit là de pallier à des crises de liquidités sur des pertes de confiance, justifiées ou non mais entraînant un mouvement de panique (bien humain). A cause de la "couverture" partielle demandé aux banques face à leurs monnaies émises, si pris de panique, c'est ce qui s'est passé en 39 et dans une moindre mesure en ce moment avec les pb liés aux "subprimes" (qui sont là d'ailleurs une faute bancaire qui devra être lourdement sanctionnée), les épargnants veulent leurs remboursement en liquidités tous en même temps, l'organisme bancaire fait faillite pour défaut de paiement. En traînant un vent de panique chez les autres et c'est le scénario de 39 qui revient entraînant d'abord la faillite des petits épargnants. Injecter des liquidités pour juguler ce risque de panique est la contrepartie d'avoir laissé les banques n'avoir qu'une couverture partielle dans leurs réserves de leurs liquidités. Encore faut-il qu'après une telle crise, une quantité équivalente de monnaie soit détruite. C'est le fondement du système bancaire. Aurait-il fallu, faut-il à l'avenir laisser les "petits épargnants" se faire ruiner lors de crises répétitives ? Ce serait "ruiner" l'envie d'épargner ce qui serait aussi néfaste à l'économie tout court. Revenir aujourd'hui à l'étalon-or est aussi une vue de l'esprit. Et la "pierre" ne semble pas non plus être une panacée dans une économie mondiale où les valeurs doivent pouvoir circuler. On pourrait débattre longtemps de tout celà, mais difficilement par l'entremise de ce blog.

Abolir le ministère de l'éducation nationale.
Au niveau qui est celui des Etats-Unis, oui. Vouloir le faire en France aujourd'hui serait une faute et une erreur. Je suis parfaitement contre notre système d'Education Nationale, mais il importe, qu'à travers elle, nous commencions par la réformer et la libéraliser avant que de la supprimer à terme d'une génération ou 2 quand nous aurons atteint le niveau qui est celui des E-U. Sinon ce serait proprement inique pour tous les gens que notre "socialisme" de ces dernières décennies a laissé au bord du chemin. Et donc pour la société française toute entière.

Rapatriement des armées "off-shore",
commençons, nous, français, à subventionner tous les potentats africains ou autres aux seuls bénéfices de nos politiciens, certainement pas pour le bénéfice de la France tel qu'ils le font.

Abolition de l'impôt sur le revenu.
Là, bien sur c'est un facteur de simple redistribution. Augmenter de 2 points la TVA revient à la même chose et apparaît plus "égalitaire" si être égalitaire c'est d'abord de traiter tous les individus de la même manière et non de prendre dans la poche des plus riches pour donner aux pauvres et sans s'intéresser du pourquoi l'un est pauvre et l'autre est riche. Car c'est bien de cela qu'il importe de parler. S'agit-il d'en avoir un plus courageux et plus travailleur que l'autre etc etc. Est-ce à la société que de gérer cela ? est-ce juste ?

Ce qui semble réjouissant dans l'augmentation de l'audience de Ron Paul aux E-U, c'est que dans ce pays, il y est de plus en plus de gens qui "croient" aux valeurs libérales. Souhaitons-nous la même chose en France. Car c'est avant tout émancipateur et c'est bien cela avant tout qu'il importe de souhaiter à l'être humain. Permettre son émancipation sur cette terre et pas son asservissement.

Cordialement

Fabio Bossi a dit…

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Regards

Fabio Bossi